Restitution à Saint-Sauveur-en-Rue, c’était du 17 au 19 octobre 2025
En ce premier week-end d’octobre nous sommes de retour à Saint-Sauveur-en-Rue pour notre deuxième temps de restitution. Au menu : installation d’une exposition de partage de l’expérience, installation de l’orchestre et répétition… accueil du public pour une soirée animée dont le clou du spectacle sont les goguettes, et dimanche un brunch de débrief’ avec le groupe local, rangement et trajet retour !
Le tract est toujours au rendez-vous et la fraicheur du Pilat aussi ! L’automne illumine la forêt du Parc Naturel Régional qui porte son nom et Pierrot nous accueille dans l’ancien réfectoire du dortoir des filles. Anne-Marie et Sylvie sont au rendez-vous. Et ce soir à l’Envers du Grenier c’est Karaoké, olé ! On se sentirait presque à la maison !
Ici à Saint-Sauveur-en-Rue, ce qui rythme le paysage c’est aussi les anciennes usines de textile… Le patrimoine industriel est une particularité pour l’aventure Super Rural ainsi que le changement ressent d’affectation des bâtiments anciens, de ceux qui n’ont pas été rasés. Lors de la résidence, à l’occasion du ciné-débat, nous avions exploré ces questions depuis les notions de « friche » et de « jachères »… un autre rapport au temps, aux émotions, au deuil… que l’on propose de visiter ensemble.
Une des versions de la courbe du deuil (d’après Béatrice Poncin)

Articulé avec un rapport au temps qui nécessite de s’étirer ou en tout cas de se questionner pour accueillir le vide, l’absence, l’inattendu… en tout cas de laisser le temps au monde d’être saisi, approprié.
A ce sujet, il est intéressant de se replonger dans la théorie des besoins humains. Médiatisée par la pyramide de Maslow datant de 1943, cette théorie a été revue et augmentée en 2010 par les apports récents de la psychologie et de la théorie de l’évolution. Il existe sept besoins humains fondamentaux, inconscients et concomitants que Valérie Jousseaume se réapproprie dans son ouvrage Plouc Pride, paru en février 2021 aux édition de l’Aube.
A Saint-Sauveur-en-Rue où l’on nous a beaucoup dit que l’on manquait finalement peu de services mais plutôt de pas-de-porte, de lieux publics où se retrouver, nous en déduisons qu’il est plus difficile de se retrouver pour inventer ensemble ce qui pourrait émerger…
« Un bistrot sinon rien » ? On ne que renvoyer sur le guide pratique des bistrots en milieu rural : Tournée générale ! Quand le Massif central réinvente ses bistrots… édité en 2014 par le réseau des Parcs naturels du Massif central (IPAMAC). Ce guide pratique et technique est à destination de tous ceux qui souhaitent créer, reprendre ou dynamiser un bistrot en milieu rural. Face à la raréfaction de ces lieux de vie, qui constituent souvent l’un des derniers ou le dernier commerce dans les villages, cette étude socio-économique vise à comprendre les réalités du métier de bistrotier et à répondre aux interrogations des élus quant à l’utilité de ces lieux.

Résumé en images :
Brunch de débrief’ dimanche matin…



Deux autres références associées :
Lumir Lapray et son ouvrage « Ces gens-là, Plongée dans cette France qui pourrait tout faire basculer » publié en septembre 2025 chez Payot.
à retrouver sur son blog PLOUC POWER où elle en partage d’ailleurs l’extrait : « Retour à l’usine – faut bien grailler !«

Sophie Orange & Fanny Renard qui propose l’ouvrage « Ces femmes qui tiennent la campagne« publier en mai 2022 aux éditions la Dispute.
Face au retrait de l’État social des campagnes, une « bande de femmes » participe à tenir les services essentiels : petite enfance (assistantes maternelles, ATSEM), enfance (auxiliaires de vie scolaire, enseignantes), grand âge (aides à domicile, aides-soignantes). Face à la disparition des cafés et des lieux de sociabilité traditionnels, une armée de réserve de bénévoles au féminin s’engage dans l’animation des associations et des institutions locales : bibliothèques municipales, associations de parents d’élèves, clubs sportifs, casernes de pompiers, etc.
Face à la fermeture des commerces de proximité, quelques professions résistent malgré tout dans les communes, comme les coiffeuses et esthéticiennes. Et si elles tiennent la campagne, c’est que des institutions locales comme l’école, les missions locales, les entreprises ou encore les collectivités territoriales n’ont pas intérêt à ce qu’elles la quittent.
On peut retrouver Sophie Orange présenter leur travail dans l’excellent podcast Finta ! écrit, réalisé et produit par la journaliste indépendante Lola Cros. #43 Sophie Orange : enquête sur les femmes qui tiennent la campagne
ou encore un compte-rendu rédigé par Perrine Agnoux, sur Cairn.info !













































